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 vampire ou mort marcheur

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Kaillene Alexiel
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Messages : 227
Date d'inscription : 09/09/2012
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MessageSujet: vampire ou mort marcheur   Lun 8 Juin - 22:01

Au sortir du Moyen-âge, toutes sortes de superstitions étranges couraient les campagnes. On y trouvait bien évidemment les sorciers et les loups-garous, mais c'est aussi à cette époque qu'est apparu progressivement le mythe du vampire, avec les croyances de "morts qui mâchent dans leurs tombeaux".

Ces croyances se développèrent particulièrement aux alentours des XVIe et XVIIe siècles, en Allemagne et les pays d'Europe Centrale.
Des témoignages de l'époque racontent ainsi que des gens passant à côté des cimetières entendent des bruits étranges : des grognements, des ronflements, des grondements, assimilés à des "sons de porcs qui mâchent"... Les rumeurs courent ainsi, et prennent de plus en plus d'ampleur ; au XVIIe siècle, l'Europe entière entend ses morts mâcher et grogner, à tel point que des traités très sérieux vont même être écrits sur le sujet.


Aspect folklorique

Pour les paroissiens, paysans et petites gens en général, tout est très clair. Si les morts mâchent, il n'y a pas d'explication compliquée au phénomène : c'est qu'ils ont faim ou qu'ils essayent de sortir de terre, donc qu'un esprit malin ou un démon? s'est emparé du cadavre. Ils se plaignent donc auprès de l'autorité religieuse (curé, abbé, prêtre…) et des magistrats, qui dans certains cas ordonnent des exhumations des "morts".
D'après les témoignages, on retrouve parfois les cadavres avec le suaire dans la bouche, qu'ils étaient en train de dévorer. Dans certains cas, il s'agissait même de leur "voisin" direct qu'ils sont en train de mastiquer, voire leur propre chair (membres ou entrailles). Bien entendu, des mesures d'urgence sont prises immédiatement : les corps suspects sont sortis de leurs tombes, empalés à l'aide d'un pieu planté en pleine poitrine, démembrés, décapités et brûlés.
Lorsque les actes de vampirismes étaient officialisés par l'Église et par les services d'ordre, on procédait à l'exhumation du cadavre suspecté, afin de l'empaler à l'aide d'un pieu en pleine poitrine.

Au fur et à mesure que "l'épidémie" de morts mâcheurs se répand, on utilise des moyens de prévention sommaires pour empêcher ce genre d'actes post-mortem. Entre autres, on a :
Enterrer le mort à l'envers, c’est-à-dire face contre terre. Certains pensaient qu'en mâchant et en grattant la terre, le vampire désirait sortir de sa tombe : en l'enterrant ainsi, on sécurisait les gens, étant donné que le vampire allait creuser pour s'enfoncer dans la terre, et pas pour sortir.
Dérivé de la méthode précédente : déposer une grille ou une grande plaque sur le corps pour empêcher sa remontée à la surface.
Placer un objet sous le menton du décédé (généralement une grosse motte de terre) pour lui empêcher d'ouvrir la bouche.
Dérivé de la méthode précédente : attacher soigneusement un foulard tout autour de la tête du mort, afin que le fonctionnement des mâchoires soit entravé.
On pouvait également les enterrer avec une grosse pièce d'argent (ou une pierre) dans la bouche. Les propriétés de l'argent étaient reconnues contre les créatures du Diable? (notamment les loups-garous?). Avec cette pièce qu'il ne pourrait pas avaler et qu'il serait condamné à mâcher pour des années et des années, la population s'assurait la tranquillité.



Ce squelette, retrouvé dans une fosse commune de Venise datant de 1576, est celui d'une femme suspectée de vampirisme. On peut voir qu'elle a été mise en terre avec une brique dans la bouche pour l'empêcher de mâcher son suaire et de contaminer la terre

Une autre signification à ce masticage de linges mortuaires commença également à se dessiner : créature maléfique, le vampire qui ne pouvait sortir de son tombeau mâchait le linge dans lequel il avait été enterré, et déclenchait ainsi des épidémies (il est bon de préciser qu'à cette époque, la peste noire et d'autres maladies faisaient des ravages dans toute l’Europe).
Quand il n'y avait pas d'épidémies, le vampire du folklore s'attaquant traditionnellement à sa famille, il décimait ses propres parents en mangeant ses chairs. On trouve ainsi plusieurs cas rapportés (notamment dans le célèbre Malleus Maleficarum? de Kramer et Sprenger) de morts exhumés avec leurs suaires complètement engagés dans le gosier, alors qu’une épidémie mystérieuse ravageait la ville. Comme par hasard, les troubles cessaient quand le vampire était neutralisé… raison de plus pour prendre quelques précautions avant d'enterrer son mort.

Deux traités importants sur le sujet voient le jour, tous deux en Allemagne : Dissertatio Historico-Philosophica de Masticatione Mortuorum de Philip Rohr (1679), suivi par le De Masticatione Mortuorum in Tumulis de Michael Ranft (1728).


Explications scientifiques

Parmi les premiers à expliquer ce phénomène de façon rationnelle, on trouve les deux auteurs mentionnés ci-dessus. Dom Augustin Calmet, dans son Traité sur les Apparitions des Esprits, & sur les Vampires, ou les Revenans de Hongrie, de Moravie, &c. rapporte leurs conclusions. Selon Rohr et Ranft, les différents cas observés de morts déterrés qui avaient dévoré leurs suaires ou leurs membres venaient tout simplement d’hommes qui n'avaient pas été enterrés après un examen attentif, et qui étaient en fait toujours vivants. Est donné par exemple le cas d'un habitant de Bar-le-Duc ayant abusé d'eau de vie, qui – apparemment tombé dans le coma éthylique – fut précipitamment enterré. La nuit, on entendit de grands bruits dans la fosse, et quand on le déterra le lendemain, on découvrit qu'il s'était dévoré les chairs des bras.
Ils citent aussi le cas d'Henri, Comte de Salm, qui fut également mis en terre trop rapidement. La nuit, on entendit des hurlements, et le lendemain on le trouva tout retourné, face contre terre. Les inhumations précipitées n'étaient pas des plus rares, en ces temps où la médecine n'était pas aussi avancée qu'aujourd'hui et où la Peste Noire tuait des centaines de milliers de personnes...

Aujourd'hui, les scientifiques connaissent mieux les phases de la décomposition, qui peuvent aussi expliquer une partie des cas. La formation de gaz, par la décomposition des chairs, entraîne une distension de l'abdomen. Lorsque ces gaz s'échappent ou se forment, on peut entendre des gargouillements ou autres bruits qui sous terre peuvent aisément passer pour des grognements ou des mâchonnements auprès d'un passant inquiet.

Plus tard, ces croyances finirent par devenir de plus en plus discrètes, pour disparaître finalement des rapports officiels.

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